Catégorie : Art, Musique et Cinéma

Regarder une oeuvre d’art et aimer ça: Pratiquer la cérémonie du regard – Préface de Claire Merleau-Ponty

Pratiquer la cérémonie du regard – Préface de Claire Merleau-Ponty Broché – 26 septembre 2019

« Le plus important reste de regarder de la peinture, de lire de la poésie ou d’entendre de la musique. Non pas pour comprendre ou connaître, mais pour ressentir quelque chose. »

Francis Bacon

Pratiquer la Cérémonie du regard

Regarder, toute une affaire ? Neuf secondes, c’est en moyenne le temps accordé à une œuvre par les visiteurs des musées. Pourquoi l’art ne parvient-il pas à capter davantage notre attention ?

En guise de réponse, Véronique Antoine-Andersen propose à tous les amateurs d’art une méthodologie simple et accessible intitulée la Cérémonie du regard. Un protocole attentionnel et visuel engageant le corps, l’intuition, le sensible, l’attention et l’intelligence du visiteur de manière à lui faire éprouver l’œuvre et vivre, à son contact, une expérience globale.

Les deux pratiques qui le composent, « l’appareil photo » et « le dialogue silencieux », sont décrites étape par étape, permettant de se mettre en présence de l’œuvre, de la regarder avec attention et d’entrer en contact avec elle.

Franchir le seuil du musée, se détendre, ouvrir le regard, profiter de la visite… un plaisir à la portée de tous !

Véronique Antoine-Andersen, après des études d’histoire de l’art, a travaillé au Musée en Herbe, au Centre Pompidou, à la Halle Saint-Pierre et à la Cité de l’architecture et du patrimoine auprès des publics. Commissaire de l’exposition Art Brut et Compagnie, la face cachée de l’art contemporain, elle a publié plusieurs ouvrages sur l’art chez Actes Sud Junior et Conversation avec Kitty Crowther aux éditions Pyramyd.

Claire Merleau-Ponty est cofondatrice du Musée en Herbe, enseignante en muséologie à l’École du Louvre et chef du service international à l’École du Louvre.

« Regarder, toute une affaire.

Une visite au musée est une aventure à ne pas prendre à la légère… Elle peut être très réjouissante si le visiteur est prêt, corps et âme, à ouvrir grand les yeux selon un protocole très étudié dont ce texte nous livre le secret.

Lors d’une promenade au musée, le visiteur vient découvrir et contempler des œuvres d’art et des objets patrimoniaux, mais sait-il vraiment les regarder de façon à en profiter le mieux possible ?

Pour éprouver de l’émotion, pour savourer et accéder au plaisir au contact des œuvres, il s’agit d’être capable inconsciemment d’observer attentivement les expositions, de recueillir leurs images, de les accompagner jusqu’au cerveau et de les analyser. Pour réaliser ce processus complexe, il est souhaitable d’être en mesure d’exploiter toutes ses compétences physiologiques et intellectuelles. Dans un premier temps, il ne s’agit pas d’acquérir un savoir sur les œuvres exposées, mais de savoir les regarder. […] Le savoir, la connaissance, l’apprentissage proprement dits n’ont leur place que lorsque l’œil a acquis toutes ses compétences face aux œuvres. Grâce à ce regard apprivoisé et instruit naîtront, au contact de l’œuvre : émotions, sensations, appréciations, puis envie et besoin d’apprendre. »

Claire Merleau-Ponty [extrait de la préface]

« Regarder une œuvre d’art est une expérience incarnée qui se pratique à la première personne et engage votre être tout entier, l’essentiel se jouant dans cette relation personnelle, névralgique et ouverte. Et pourtant, combien de fois, en tant qu’amateur d’art, vous êtes-vous arrêté devant une toile sans parvenir à entrer en contact avec elle et à établir un échange véritable ? L’œuvre est restée muette. En dépit de la prééminence de la vue sur nos autres sens, il n’existe pas d’immédiateté du regard, voilà pourquoi regarder une œuvre d’art s’avère beaucoup plus complexe qu’il n’y paraît. L’art de voir n’est pas une chose innée, c’est un savoir élaboré qui s’acquiert par un entraînement approprié et régulier.

Une observation fine et renouvelée des publics au sein de plusieurs musées m’a permis d’identifier chez un grand nombre de visiteurs deux déficits qui s’alimentent l’un l’autre, et participent indéniablement de leur difficulté à regarder l’art. Il s’agit principalement d’un manque de méthode dans la façon d’aborder une œuvre qui entraîne irréductiblement une baisse de présence et d’attention. D’où l’objet de ce livre : proposer à tous les visiteurs individuels, désireux d’approfondir et d’élargir leur relation à l’art lors d’une visite muséale, un format de visite autoguidée, d’un genre totalement innovant, consistant en un protocole dénommé « Cérémonie du regard » dont la mise en pratique permet de dépasser ces déficiences et d’élargir la perception esthétique. »

Véronique Antoine-Andersen [extrait de l’introduction]

[sommaire]

>COMMENT PRATIQUER LA CÉRÉMONIE DU REGARD

FRANCHIR LE SEUIL DU MUSÉE

PREMIER PRÉLIMINAIRE : DÉTENDEZ-VOUS !

DEUXIÈME PRÉLIMINAIRE : OUVREZ LE REGARD !

TROISIÈME PRÉLIMINAIRE : INTERROGEZ VOTRE DÉSIR !

ENTREZ DANS L’EXPOSITION

>LA CÉRÉMONIE DU REGARD, UNE IMMERSION DANS LES ŒUVRES

LA PRATIQUE DE L’APPAREIL PHOTO

LA PRATIQUE DU DIALOGUE SILENCIEUX

>POURQUOI LA CÉRÉMONIE DU REGARD ?

JE N’AI RIEN VU !

BROUTER L’ART EN SOLITAIRE

DÉFICIT VISUEL ET DÉFICIT ATTENTIONNEL

LE MUSÉE : UN LIEU DE L’ATTENTION